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Tran-Nhut

Les enquêtes du mandarin Tân

L'aile d'airain (2003) Tran-Nhut L'aile d'airain

Tân et Dinh mettent à profit de nouvelles vacances pour un retour au pays natal du mandarin, dans la zone contrôlée par le clan Nguyen. L'occasion de revenir sur des morts anciennes, des morts récentes, une brouille entre un père et son fils et, enfin, de déjouer un complot politique de la plus grande importance. Tout ceci alors qu'un redoutable esprit femelle rôde...

L'esprit de la renarde (2005) Tran-Nhut L'esprit de la renarde

Sur le chemin du retour vers le Nord, Tân et Dinh s'arrêtent dans le port de Faifo. Après avoir sauvé la vie d'une femme mystérieuse, Tân doit établir l'innocence de son ami Dinh, jeté au cachot pour le meurtre d'une tenancière de cabaret à la famille suspecte. Enquêtant incognito, il va mettre à jour un drôle de trafic et le complot ourdi par un ancien militaire...

Il semble que Thanh-Van soit désormais seule aux commandes des destinées du mandarin, Kim ayant choisi d'écrire des romans d'aventures pour adolescents. Pourtant, c'est tout à fait à ce genre de littérature que me fait penser de plus en plus cette série.

Des livres d'aventures où les motifs commencent quand même à se répéter bigrement d'un volume à l'autre : une bagarre pieds-poings (mettant si possible en valeur les qualités athlétiques de Tân), une mort étrange via un poison peu habituel (ou une bizarrerie possible de la nature comme dans L'aile d'Airain), une femme mystérieuse légèrement plus âgée que lui et dont le mandarin va tomber amoureux (avec ou non concrétisation), un combat final ou un art martial particulier va mettre en péril la vie de Tân, le sauvetage du régime impérial d'un terrible complot, etc.

Le plus gênant, dans cet univers devenu formaté, c'est le côté finalement très creux des personnages. En l'absence du docteur Porc, excessif mais haut en couleurs, la nature chouineuse et chichiteuse de Dinh - outre qu'elle est à présent sans surprise - peut lasser. Quand à notre mandarin, même confronté à sa jeunesse et à son opposition au père (L'aile d'airain), il reste sérieux, prévisible et - du même coup - plutôt fade [1]. Enfin, la "réalité historique" de la période - beaucoup plus présente que dans les trois premiers romans - nous est délivrée via des morceaux de bravoure, largement rétrospectifs : discours prémonitoires de l'un où l'autre des héros, cours de géopolitique régionale donné, dans L'esprit de la renarde, par un très vieux moine bouddhiste dont on se demande d'où il tient tant de savoir et où un simple roñin vous explique avec forces détails les effets politiques et commerciaux nés de l'instauration du bakufu d'Edo. Tout ceci manque de fluidité et de naturel.

L'aile d'airain est plaisant à lire, même si la ruralité qui nous est donnée à voir fait très factice. Rien ne sauve à mon sens L'esprit de la renarde, coupable de tous les stéréotypes et facilités d'écriture relevés ici.