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Gunnar Staalesen
Les enquêtes de Varg Veum (suite)
Parce que son fils Arne, qui travaille sur une plate-forme pétrolière, ne lui a pas écrit, la vieille Madame Samuelsen charge
Varg Veum d'aller aux renseignements jusqu'à Stavanger, la capitale de l'Eldorado pétrolier norvégien. Varg a bien du mal à trouver
ses repères dans cette vieille ville où il fit ses études et qui brille désormais de tout le clinquant de la richesse soudaine. Quant à
Arne, il est introuvable.
Quand Gunnar Staalesen écrit
La femme dans le frigo, la manne pétrolière provenant des champs de la mer du Nord
n'a pas encore irrigué la vie du Norvégien moyen, mais elle a déjà modifié celle des habitants de Stavanger. La vieille cité
est devenue frontière, au sens qu'on lui donne dans toutes ces ruées humaines vers une richesse où tout le monde aurait sa chance.
Tout ce qui compte d'escrocs, de criminels et de putains dans le pays accourt aussi vers ce flot d'argent né de
la merde du diable.

Staalesen plonge son détective dans cette ville où les pétroliers et les malfrats font la loi, sous le regard
neutre voire complice des autorités. Parce qu'il est finalement un homme ordinaire juste un peu plus
curieux que les autres, Varg Veum est totalement écrasé par ces forces qui dominent la ville,
ballotté par les évènements comme une bouteille d'aquavit par l'océan. Cela commence par sa rencontre
avec les dirigeants de la compagnie employant Arne, scène tout à fait réussie où transpire l'arrogance
- mais aussi la violence - de ces nouveaux rois du monde, professionnels et impersonnels. En écho la
confrontation avec Ole Johnny, le petit caïd des lieux et son armée de pingouins culturistes est drôlatique mais également inquiétante,
l'atmosphère oppressante venant autant de la fragilité accentuée de Veum que de l'implacabilité palpable des maîtres de Stavanger. Maintenant,
tout ceci est daté (publié en France seulement en 2003). On a lu depuis bien pire sur la violence
qui accompagne l'activité de ces grands compagnies transnationales et qui dépasse généralement ce que la fiction peut nous rendre.
La découverte du cadavre dans le frigo met assez rapidement hors-jeu le détective,
qui va perdre le peu de contrôle qu'il avait sur les évènements. Ce n'est pas désagréable à lire,
parce que Staalesen sait écrire, mais jusqu'aux très beaux moments entre la pute sociologue et le détective
et l'enlèvement de cette dernière, je me suis plutôt ennuyé. Reste bien évidemment la surprise finale, qui est
encore un jeu d'apparences et d'image de soi dévastateur, tant pour la victime que pour le meurtrier.
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enquêtes de Varg Veum Page 6 >
Illustration de cette page : Plate-forme pétrolière en mer du Nord
Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : Sjofn [Enhanced] de Gjallarhorn (2000). Superbe disque de folk contemporain finlandais.