Nishimura Kyotaro
Petits crimes japonais (Japon - 1978)

Métro à gogo : Un homme ordinaire, fasciné par les pickpockets du métro, perd son travail et son épouse. Les
« bonnes œuvres » de l'agent Shibata : Un agent de police serviable améliore sa notation en mettant en prison des
clochards volontaires. L'amour du prochain : Une jeune femme demande à un médecin de l'aider à soutenir le moral
d'un voisin, vieillard dépressif. Le jeu de la charité : Un nouveau riche apprend d'un vieillard comment il convient
de pratiquer la charité. Les pigeons : Les pigeons du temple Sensoji meurent de bien étrange façon. L'invitation au
meurtre : L'assassinat est-il la plus grande sensation qu'un homme puisse éprouver ? L'homme qui venait d'Andromède :
Un étrange et sympathique alien s'empare des objets les plus précieux des habitants du quartier chic de Tokyo. Le maître chanteur
bienveillant : Un barbier ayant accidentellement tué une fillette et s'étant enfui est menacé par un maître chanteur ayant vu
l'accident.
Huit miniatures de saveurs différentes et de qualité à peu près égale, qui se déclinent sur un mode plutôt drôle et cruel et dont la perception par le lecteur est entièrement modifiée dans les dernières lignes du récit.
A ce jeu Métro à gogo, qui cache obstinément son retournement pour ne se révèler que dans le dernier sourire de l'homme assassiné
semble la nouvelle la plus inattendue. L'amour du prochain nous abuse tout du long et surprend par sa fin à double détente.
Le jeu de la charité, cruelle épreuve iniatique du personnage et du lecteur possède une jolie conclusion philosophique.Plus classique, L'invitation au meurtre est toutefois très efficace tandis que L'homme qui venait d'Andromède est la plus étrange mais sa fin aurait mérité l'ellipse plutôt que cette conclusion un peu forcée. Enfin, Le maître chanteur bienveillant semble rassembler les qualités de toutes les autres nouvelles en imposant un climat inquiétant et d'une violence sourde pour s'achever sur une douce lueur d'humanité.
Économie de moyens et élégance pour des Petits crimes japonais recommandables.
Illustration de cette page : Pickpocket