Qiu Xiaolong
Né à Shanghaï en 1953. Installé aux Etats-Unis depuis 1988, il
enseigne à l'Université de St Louis. Biblio complète sur la note de lecture
de Mort d'une héroïne rouge
5 romans traduits et édités par Liana Levy

[1] Ayant fait miennes depuis longtemps les
thèses de Robert Graves concernant le Roi Sacré (in Les mythes grecs - (1967) - Fayard) ou
la lecture critique du mythe d'Oedipe par René Girard (Des choses cachées depuis la fondation du monde - (1978) - Grasset).
24 02 2008
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Qiu Xiaolong
Alors que l'inspecteur principal Chen est en disponibilité de la police pour pouvoir
suivre des cours de littérature à l'Université, un homme tue dans le nuit de Shanghaï. Défiant les
autorités, il dépose à plusieurs reprises le corps de ses victimes, toutes vêtues d'un coûteux et
ancien qipao rouge, dans les endroits les plus fréquentés de la ville... Ce premier tueur en série va
obliger Chen à finalement agir.
Pour son cinquième livre traduit en France et comme la plupart de ses collègues romanciers, Qiu s'essaie au tueur en série.

N'abandonnant pas ce qui est sa marque de fabrique - c'est-à-dire la dénonciation de l'extrème violence de la Révolution
Culturelle et la mise en lumière de la corruption et de la criminalité dans la Chine nouvelle - Qiu Xialong a presque réussi le
pari de greffer dans le terreau chinois un phénomène que l'on sait être surtout réservé aux Blancs occidentaux - le plus souvent étatsuniens -, en
évitant toute surenchère violente.
Une partie de la réussite du roman tient à l'importance donnée par l'auteur aux problèmes
existentiels qui taraudent son héros et qui lui font différer son entrée dans l'enquête. L'inspecteur
principal Chen nous parle donc abondamment de littérature tout le temps où il cherche à rédiger sa
dissertation sur l'amour-passion, pas mal de cuisine et un peu de ses angoisses professionnelles et privées.
Autant de "bouffées culturelles" permettant de ne pas étouffer le lecteur trop tôt dans chose policière et
le morbide. Il n'est pas certain toutefois que tous les lecteurs de Qiu s'y retrouveront vraiment (d'autant
que les autres personnages du cycle sont quasi inexistants).
Malheureusement, si le thème de la vengeance puisant sa source dans les exactions des dévots maoïstes de la Révolution
Culturelle m'a semblé excellent pour unifier toutes les composantes passées et présentes du roman, le
gâchis devient total devant le fatras freudien imposé par Qiu et je reste étonné que l'antienne moisie du complexe d'Oedipe [1]
telle qu'il la déclame puisse encore servir. Dès lors le final, qui est loin de répondre à toutes les questions
posées par les meurtres - m'a semblé bancal et compassé. Dommage.
Également chroniqués : Mort d'une héroïne rouge (2000) •
Visa pour Shanghaï (2002) • Encres de Chine (2004)
Illustration de cette page : Jeunes filles vêtues de qipao dans le Shanghaï des années 30
Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : Sgt Pepper's Londely Hearts Club Band des Beatles (1967)