Jo Nesbø
Il est né en 1960 à Oslo. Journaliste, chanteur dans un groupe rock, il est l'auteur d'une série de romans
policiers autour du personnage d'Harry Hole, inspecteur principal de la police d'Oslo, alcoolique et
désabusé.
Roman publié chez Gallimard, Série Noire.

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11
2007
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Jo Nesbø
La canicule qui s'abat sur Oslo semble inspirer un tueur en série, obligeant les deux flics ennemis Waaler et Hole à
collaborer. Harry doit non seulement surmonter sa répugnance à travailler avec l'homme qu'il soupçonne d'être derrière le
meurtre d'Ellen mais aussi sortir la tête du trou où l'a de nouveau conduit son alcoolisme suicidaire. Démissionnaire, Harry
Hole ira cependant jusqu'au bout de cette enquête et de sa confrontation avec l'homme qui se fait appeler Prinsen.
Comme dans le roman précédent, nous sommes face à une vengeance et à une machination complexe que seule la sagacité retrouvée d'Harry Hole va permettre de
résoudre.

Est-ce le fait que tant et tant de films, livres, séries ont déjà abordé ces thèmes ? On peut
rapidement anticiper certaines choses (la projection pentagrammique sur la ville, la trop grande théâtralité des
meurtres) et avoir plus que des doutes devant d'autres (la non découverte du corps de Lisbeth dans le premier temps de l'enquête, l'indice permettant de confondre le meurtrier).
C'est vrai que Nesbø laisse suffisamment de fausses pistes pour que nous puissions être abusés en même temps que son héros, le temps de la lecture.
Mais, à l'exception des premières pages du roman (qui montrent que l'auteur pourrait sans doute écrire des choses moins convenues que ses polars), cette histoire
criminelle possède un parfum éventé de déjà lu et/ou de déjà vu.
Prometteur lors de son apparition dans
Rouge-gorge, le personnage de Waaler ne dépasse finalement pas celui de faire-valoir d'un
Harry Hole à la victoire annoncée. Si Nesbø joue parfaitement sur la fragilité de son flic dévoré par son addiction
alcoolique et sur l'avantage momentané qu'en tire son ennemi, ce n'est pas plus intéressant que cela, sans doute parce que
le côté manipulateur et la férocité entrevue de
Prinsen ne pouvait s'appliquer qu'aux personnages secondaires du cycle, pas à son
héros. Dès lors le final, haletant, trash mais aussi très conventionnel, me confirme qu'il y a des choses plus urgentes à lire que les romans - sans
intentions et sans enjeux - de Jo Nesbø.
Romans de Jo Nesbø également chroniqués sur Le vent sombre :
L'homme chauve-souris (1997) • Rouge-gorge (2000) • Rue Sans-Souci (2001)
Illustration de cette page : Parc Frogner, Oslo
Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : Chappaqua Suite d'Ornette Coleman (1966).