Michel Imbert
Michel Imbert (Mi Jianxiu) est né en 1961 et vit peut-être à Toulouse
où il enseignerait les arts plastiques. Ce livre a été publié aux Editions de
l'Aube.
06 09 2006
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Mi Jianxiu (Michel Imbert)
Un banal vol de camion venu devant sa juridiction met la puce à
l'oreille de Li Jianjia, juge dans un tribunal populaire de Pékin. En
compagnie de son meilleur ami, le sous-chef à la Sécurité Publique
Peng, le juge Li va se trouver plongé au coeur d'un vaste système de
trafic et de corruption en tout genre, auxquels semblent s'intéresser
un très haut fonctionnaire.
Entre sa sortie en 2004 et son édition en poche en 2006,
Jaune
camion changea d'auteur, Michel Imbert devenant l'humble
traducteur d'un certain Mi Jianxiu, dont
"l'activité principale
consiste à observer mœurs et coutumes de ses concitoyens". Je ne
sais si ce changement fut décidé pour des raisons marketing mais ce
qui n'était qu'un pastiche - très bon au demeurant - pu soudain être
considéré par certains comme un témoignage vivant sur la Chine,
"bien mieux que dans un grand reportage" soulignait même une
critique célèbre citée sur la quatrième de couverture de
Rouge Karma, la seconde aventure du juge
Li.

Cela n'enlève rien aux qualités du livre de Michel Imbert qui est aussi
crédible dans sa description de la Chine denguiste que l'était Robert
van Gulik dans celle des T'ang. Amoureux du pays, sûrement, connaisseur
de ses formes littéraires et de son histoire, sans doute,
Imbert écrit et décrit une Chine du petit peuple confrontée à sa
simple survie alors que l'héritage maoïste se dissout dans le
lancement des
Quatre modernisations voulues par Zhou et
relayées par Deng.
Nouvelle époque trouble et difficile, pour les
petits et pour les grands. Ici, tous les comptes ne sont pas soldés
entre factions rivales, deux camarades du premier cercle réglent une
profonde inimitié née quelques décennies plus tôt... Dans les rues
populeuses d'une capitale que l'on sent prête à rattraper le temps
perdu au mépris des valeurs socialistes ou simplement humaines,
certains, comme le juge Li, veulent quand même connaître la vraie
couleur du chat...
La langue d'Imbert est imagée, drôle et il met en scène des
personnages sympathiques et humbles dont j'ai plaisir à suivre les
aventures. C'est déjà beaucoup.
Également chroniqués : Rouge Karma (2005) - Bleu Pékin (2006)
Illustration de cette page : Le "chat" révisionniste Deng terrassé par la vigilance
du peuple (affiche de propagande durant la Grande Révolution Prolétarienne).
Musique écoutée durant l'élaboration de cette
note : Compositions pour instruments à vent et piano de
Bohuslav Martinu, 1995.