
Parfois surnommé le "Simenon japonais", Matsumoto Seichō - né en 1909 et mort en 1992 - est
considéré au Japon comme le plus grand écrivain populaire de la seconde moitié du vingtième siècle.
Connu surtout en Occident pour ses écrits policiers, il a également produit des enquêtes de type
journalistique, des livres historiques et même de la science-fiction. Dès 1960,
ses polars se teinteront de critique sociale (nom d'un mouvement littéraire dont il sera le chef de file).
Romans traduit et édité chez Philippe Picquier.
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Également chroniqués :
• Tokyo express (1958)
• Le vase de sable (1961)

[1] Selon Merton qui l'a théorisée en 1948 : "La prophétie autoréalisatrice est une définition d’abord erronée d’une situation
qui suscite un nouveau comportement qui rend exacte cette conception initialement
fausse". A noter que ce thème ne deviendra vraiment familier et objet de recherche qu'à partir de la fin des années 60.
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Seule La voix est une enquête policière classique. Dans les autres nouvelles, de simples citoyens voient leur
curiosité exacerbée par le minuscule détail qui cloche. Tout l'art de Matsumoto est de rendre ce détail extrèmement simple parce que
tout à fait naturel : un plan de film dans Le visage, une chansonnette que l'on fredonne dans Au-dessus de tout soupçon, un auteur sûr de la qualité de son feuilleton et vexé par la remarque d'une lectrice
dans Le Roman-feuilleton, un appel téléphonique puis une banale averse pour La voix, les allers et venues d'une auto pour La collaboratrice. Comme le dit
si bien le héros d'Au dessus de tout soupçon pendant la longue préparation de son crime parfait, les histoires dans les romans policiers sont
souvent bien trop compliquées. Matsumoto, lui, reste très proche de l'humain et de ses intimes défaillances pour produire des récits fluides et
d'une ingéniosité accessible à tous.