Akagawa Jirō
Ecrivain japonais né en 1948 à Fukukoa, il commence l'écriture en 1976. Auteur prolixe, avec près de 300 œuvres publiées, il est connu pour ses polars souvent humo- ristiques.
Certains de ses livres ont été porté à l'écran sous forme animée. Deux livres seulement ont été traduits en français.
Roman édité aux Éditions Philippe Picquier

09
12
2006
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Akagawa Jiro
Dans la famille Hayakawa, la bonne entente repose sur de noirs secrets qu'il va être bien difficile de
dissimuler plus longtemps. Car, ici, personne n'est vraiment ce qu'il prétend être, à
l'exception de Masami, le petit dernier, flic à la limite de l'idiotie et Keisuke, le cadet, qui connait tellement
bien la vérité sur tout le monde qu'il s'est engagé dans la carrière d'avocat pour un jour pouvoir défendre frère, soeur ou mère !
La faute à ce nouveau riche, Tachibanagen, Roi du Pétrole au passé plus que douteux, qui rentre au pays les poches pleines de diamants !
Le père ayant disparu en mer lors d'un naufrage simulé pour toucher l'assurance, la famille a dû faire face à la dure
réalité de la vie. Ainsi, la mère n'est pas cette charmante commerçante vendeuse de souvenirs mais une
redoutable voleuse d'objets d'art. Mika la frangine ne se contente pas de son métier de décoratrice d'intérieur mais
fait aussi dans l'escroquerie de haut vol, séduisant les hommes mûrs habillée en lycéenne. Quant à Katsumi le fils aîné, sous ses dehors de journaliste
free-lance se cache un tueur à gages sans pitié. Seul Keisuke, maladroit et empoté, connaît les véritables occupations de chacun.
Akagawa Jirō fait converger tout son monde vers l'hôtel VIP, où vont résider le fameux milliardaire et sa collection de diamants. Les uns auront pour
mission de le tuer, d'autres celle de le voler ou de l'escroquer, d'autres enfin de protéger - les

diamants pour le flic simplet Masami, la famille
pour l'apprenti avocat Keisuke. Les croisements incessants des personnages pour atteindre leurs buts sans se dévoiler, les
nombreux quiproquos nés de ces situations, sans oublier la présence d'autres voleurs et d'autres tueurs (dont
l'un n'exerce sans autre motivation que d'
éviter l'ennui), constituent le moteur de ce roman.
Akagawa traite tout ceci avec des dialogues à l'humour finalement assez discret, s'en remettant à des successions de séquences brèves
montrant la confusion qui gagne ce petit monde. Dans cet incessant chassé-croisé, tous les personnages sont trahis par
leurs sentiments (Mika, Kastumi et Keisuke tombent amoureux, Kayoko la voleuse à des réflexes de mère s'agissant du "gardien" Masami)
et nous sommes souvent très proches du ton de romance de ces séries animées pour adolescents, qui sont semble-t-il les plus grands lecteurs
de l'œuvre d'Akagawa. Restent les révélations de la fin qui donnent un coeur noir et amer à ce bonbon très sucré. Étrange...
Illustration de cette page : Temple dans la ville de Fukukoa
Musique écoutée durant l'élaboration de cette note : La femme chocolat d'Olivia Ruiz.